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17 Mai 2012, St Pascal

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Hillary Clinton a averti Téhéran


 (Sources: Reuters)

Hillary Clinton a averti Téhéran que, si elle était élue présidente en novembre et que les dirigeants iraniens lançaient une attaque nucléaire sur Israël, les Etats-Unis pourraient "totalement les réduire à néant".

La candidate à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle a déclaré vouloir que les Iraniens sachent ce qu'elle était prête à entreprendre dans le but de dissuader d'une attaque nucléaire sur Israël.

"Je veux que les Iraniens sachent que si je suis présidente, nous attaquerons l'Iran", a déclaré Clinton sur la chaîne ABC.

"S'ils tentent stupidement, lors de ces dix prochaines années, de lancer une attaque contre Israël, nous serons en mesure de les réduire à néant (obliterate)", a-t-elle assuré.

"C'est terrible de dire cela, mais ces gens qui dirigent l'Iran doivent le comprendre, car cela les dissuadera peut-être d'entreprendre quelque chose d'irréfléchi, de stupide et de tragique", a poursuivi l'ancienne première dame.

Lors d'un débat une semaine auparavant, elle avait tenu des propos moins virulents, promettant des "représailles massives" contre l'Iran en cas d'attaque contre Israël.

"ATTITUDES BELLICISTES"

Le sénateur de l'Illinois Barack Obama, opposé mardi à Clinton lors des primaires démocrates de Pennsylvanie, a jugé ces propos belliqueux.

"Ces dernières années, nous avons souvent assisté à l'emploi d'expressions comme 'réduire à néant'", a-t-il souligné dans une autre interview diffusée elle aussi sur ABC. "En fait, cela ne donne pas de bons résultats. Je ne m'intéresse donc pas aux attitudes bellicistes".

Obama s'est borné à dire qu'il réagirait le cas échéant "fermement et promptement" à une attaque iranienne contre Israël ou tout autre allié des Etats-Unis.

Téhéran, que Washington et plusieurs autres capitales occidentales accusent de développer des armes atomiques, a mis en garde à de nombreuses reprises contre les conséquences dévastatrices de toute attaque israélienne ou américaine de ses installations nucléaires.

L'Iran assure que son programme nucléaire ne répond qu'à des ambitions civiles de production d'électricité.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé en 2005 que l'Etat d'Israël devait être "rayé de la carte". La semaine dernière, un haut responsable militaire iranien n'a pas hésité à affirmer que Téhéran "éliminerait" Israël en cas d'attaque de l'Etat juif.

Texte de: David Morgan, version française Gregory Schwartz



Arche de Zoé : Idris Deby traité de voleur, la consécration !

lundi 14 avril 2008 Botowamungu Kalome (AEM). Source: Afrique échos.

Dans cette affaire qui pue le mépris de l’Afrique, les 103 enfants n’auront été que de vulgaires marchandises dans un marché d’adoption en déprime, puis un enjeu pour une diplomatie française directive, condescendante. Pour sa part, le président tchadien Idris Deby a été impeccable, irréprochable, irrésistiblement au dessus du lot dans son rôle de bouffon en chef. Après avoir théâtralisé une sainte colère en assimilant l’opération carrément à la traite négrière et en criant à un trafic lié à la pédophilie, le chancelant chef d’État s’est précipité à signer une décision de grâce en toute vitesse comme pris soudain d’une envie naturelle irrépressible. Si vous cherchez une explication à cela, le leader de l’Arche de Zoé, Eric Breteau en a une bien bonne : « Dans cette affaire, il n’y a pas de parties civiles identifiées. On sait donc que les 6,3 millions d’euro d’amende, s’ils sont versés, vont aller dans les poches d’Idriss Deby ». Même pas la reconnaissance du ventre…


Même si je ne devrais pas l’écrire là, afin de préserver l’image d’un journaliste responsable, je dois avouer que quand Eric Breteau avait lâché cela, j’avais jubilé : «  C’est bien fait pour Idris Deby, ça lui apprendra à jouer l’épouvantail, puis le bouffon pour finir en minable président aux ordres de la sarkozye au grand mépris de la justice de son pays ». Conséquence : son garde des sceaux s’époumone à supplier la France pour qu’au moins l’amende soit versée. Contrairement pourtant au bon sens et peut-être même à la loi, la justice française qui devait appliquer la peine prononcée à Ndjamena « oublie » d’exiger le paiement de l’amende fixée.

En pleine crise de cette affaire, la secrétaire d’État française aux droits de l’homme, Rama Yade, avait qualifié Eric Breteau et ses compères d’illuminés, il est à craindre que ce personnage ne soit plus que cela. À peine gracié par le président tchadien, le concerné s’est mis à tirer à tout va et a enfilé l’habit du héros : « En montant cette opération, nous avons voulu dénoncer haut et fort la passivité des autorités internationales sur le drame du Darfour ». Ce n’est pourtant pas le discours qu’il avait tenu aux familles qui ne cherchaient que l’adoption et à qui il avait promis d’y arriver en camouflant tout cela par une évacuation sanitaire quitte à ce qu’elles passent, de fait, du statut de famille d’accueil à celle d’adoption en usant des subterfuges juridiques. Le fait que certaines familles candidates à l’adoption aient porté plainte pour « escroquerie » est pourtant significatif.

Significatif mais pas suffisant pour qu’Eric Breteau se démonte. Dès sa sortie de prison, c’est un héros que les télés, radios et journaux français se sont précipités de recevoir et d’interviewer. Le prisonnier gracié par Deby est virevoltant, vindicatif, offensif et met tout le monde en cause : l’ex première dame Cécilia Sarkozy, les ministères de justice, des affaires étrangères et même la Brigade des mineurs où il aurait été mis en garde avant l’opération. Et quand on lui rappelle que le ministère des affaires étrangères avait alerté la justice cinq jours après l’avoir reçu, Eric Breteau se targue, malgré tout et sans rire, du feu vert et des encouragements tacites de ce ministère. Les journalistes qui l’interrogent sont respectueux du personnage, ils n’osent pas des questions qui fâchent : par exemple pas un seul mot sur les enfants sur lesquels on avait posé des pansements et plâtres pour simuler des fractures et des blessures. Les Français ont inventé un nouveau type de journalisme : donner la parole, offrir une tribune… surtout ne pas embarrasser son invité ou le contrarier en relevant ce qui cloche dans son discours. Peut-être qu’il en a été ainsi parce qu’il s’est agi de petits Africains.

Au fait, pourquoi aucun chef d’État africain n’a jamais songé à demander la grâce pour ses compatriotes condamnés à des peines de prison pour des broutilles du genre « s’est maintenu sur le territoire français en dépit d’un ordre de quitter le territoire » ou « rébellion et refus d’embarquer dans un avion suite à un ordre de quitter le territoire français » ? Tiens, et si par exemple, Mouammar El Kadhafi conditionnait ses achats en France par la régularisation de tous les sans-papiers et la grâce de tous les clandestins africains en France ? Nicolas Sarkozy, qui ne lui a jamais rien refusé, céderait sans doute… Comme quoi à chacun son Deby.



Les bons baisers de Paris

La France complice et Yoro joue le jeu en se roulant (pour qui ?) dans la farine ! Entre temps nous restons sans nouvelles de Mr Ibni Oumar Mahamat Salet !

L’opposant tchadien, M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, ainsi que beaucoup d’autres personnes non encore identifiées ont été arrêtées le 3 février 2008. Trois corps rejetés par le Chari et retrouvés dans le creux en face du Ministère de la Défense tchadienne, ont été enterrés à la hâte sans autopsie.

Selon des confidences concordantes qui circulent en ce moment dans le milieu des militaires proches de Deby, l’opération a été coordonnée par Deby en personne, il était donc en permanence en contact direct avec tous les groupes chargés d’arrêter les hommes politiques ; chaque fois que l’un de ces hommes est arrêté, il est immédiatement informé et c’est lui-même qui indique où il faut l’emmener et de ce qu’il faut en faire. Les méthodes actuellement utilisées par le gouvernement, sur instruction de Deby, sont tout simplement celles de l’ancienne DDS. On fait circuler des rumeurs, que tel a été vu là, que tel autre se trouverait à tel endroit…. Le temps de créer la confusion dans l’esprit des proches parents, de leurs militants et des tchadiens. C’est aussi le temps donné aux différentes missions ministérielles pour essayer de convaincre leurs interlocuteurs. Alors il serait temps de tirer des conclusions, car Ibni n’est pas ce genre d’individus qui peuvent passer inaperçus dans cette petite ville de N’Djamena. Et puis, vivant, il se serait présenté à sa famille et auraient fait des déclarations aux médias.

Ainsi, Deby a assassiné Ibni ; une des plus illustres hommes politiques tchadiens, un grand cadre du pays. Dans son parcours politique, Ibni Oumar Mahamat Saleh a eu à collaborer avec Deby. Il a découvert l’homme, ses méthodes et  a définitivement coupé avec lui et choisi la voie des urnes pour chasser l’homme. Ibni a une personnalité très différente. Il en est de même pour son parcours politique, mais il est probablement parmi les rares tchadiens à refuser tout compromis et compromission avec Deby ; à refuser les dictats de la françafrique (la France l’en voulait pour cela ?); il croit fermement à l’alternance politique par la voix des urnes. Il refusait de faire l’apologie de la lutte armée, tout en respectant le choix des autres.

Les tchadiens attendent sans grand espoir la réaction de la communauté internationale, particulièrement de l’UE et des USA. Ceux là même qui ont condamné la prise du pouvoir par les armes, qui ont soutenu Deby et qui s’apprêtent à le soutenir d’avantage avec le déploiement de l’Eufor. Comment l’UE va regarder les tchadiens, en parlant de la démocratie et de l’alternance sous Deby ? Quant à la France, il n’y a plus de mots pour la qualifier, il faut tout simplement se soulever contre elle.

Adaptation du texte original de Mahamat Ahamat, N’Djamena, publié sur le site : www.tchadactuel. Com.  


Vous voyez que la France a du coeur?


Le mal qui ronge une majorité silencieuse en Afrique.


Les bons baisers de Paris

«Idriss Déby a roulé tout le monde dans la farine»

L'opposant tchadien, Ngarlejy Yorongar, en exil en France depuis le 6 mars, confie dans un entretien avec RFI, les circonstances de son arrestation et les conditions dans lesquelles il a été détenu, au secret, durant près d'un mois. Ngarlejy Yorongar parle aussi de l'ex-président Lol Mahamat Choua, détenu dans la même prison et de Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont il craint qu'il ne soit mort des suites de mauvais traitements reçus dès les premiers jours de son incarcération.

RFI
 : Ngarlejy Yorongar, comment vous portez-vous ?

Ngarlejy Yorongar : « Mi-figue, mi raisin ! »  En prison, j’avais les pieds liés par une grosse chaîne, ce qui a provoqué la sciatique invalidante que je traîne depuis lors. Mais avant de répondre à votre question, permettez-moi de m’acquitter d’un devoir, celui de remercier son Excellence, Omar Bongo, qui est intervenu immédiatement, dès le dimanche 3 février, entre 19 heures et 21 heures. Il a immédiatement réagi en téléphonant à Idriss Deby. Le président Wade aussi est intervenu promptement tout comme le président Compaoré. Je remercie le président Paul Biya qui m’a fait l’honneur de m’accueillir et également de me protéger ainsi que le président Sarkozy qui est intervenu, et en plus de cela, qui m’a offert un billet, un visa.

RFI : Le président Deby affirme qu’Ibni (Mahamet Saleh) et vous-même n’avaient jamais été arrêtés, ni par l’armée, ni par la garde présidentielle.

Ngarlejy Yorongar : Idriss Deby a « roulé tout le monde dans la farine ». Il ment. Je connais le chef d’équipe qui est venu m’arrêter. Je le connais de visage, mais pas de nom. Mais je retrouverai un jour son nom. Le dimanche, c’est vers 17heures qu’une équipe de militaires est venue à bord d’une Toyota, portant des brassards jaunes de l’armée nationale tchadienne. Ils sont venus, ils m’ont arrêté, ils m’ont tabassé devant ma femme et mes enfants. Leur chef a tiré sur mon chauffeur, il lui a blessé la main. C’est ainsi qu’on m’a enlevé. Donc, on m’a emmené à Farcha, à l’ouest de Ndjamena. On m’a conduit derrière cette bâtisse-là, où se trouvait monsieur Lol (Mahamat Choua) en train de prier. Il était vers les 18 heures, je crois. Après moi, c’est Ibni qu’on a emmené. Ibni, on ne l’a pas conduit directement dans notre direction, mais on l’a amené directement devant les portes des cellules ; parce que lui, on l’a conduit directement sur le fleuve des coups de crosse, de coups de poing et de coups de pied. 

RFI : Cela, vous l’avez vu ?

Ngarlejy Yorongar : Je l’ai vu distinctement.

RFI : Il était loin de vous à ce moment-là ?

 Ngarlejy Yorongar : Il était à environ 5 ou 6 mètres.

RFI : Il vous a vu ?

Ngarlejy Yorongar : Non, je ne crois pas, parce qu’on l’a tellement tabassé qu’il ne pouvait pas me voir ; mais moi, je l’ai vu.

RFI : Il avait ses lunettes ?

Ngarlejy Yorongar : Non, il n’avait pas ses lunettes. Et même si vous avez des lunettes, on les écrase ! Donc, on l’a conduit devant les cellules, et c’est là où on l’a enfermé. Donc Lol est à ma gauche, dans une cellule et Ibni à ma droite. Je suis au milieu, séparé par des murs. Donc, je suis au courant de tout ce qui se passe chez les voisins. L’indication que quelqu’un vit dans une cellule, ce sont les portes qui s’ouvrent, à 14 heures, 15 heures, pour le repas. Le jour où il n’y a pas d’ouverture de cellule, cela veut dire que vous n’êtes plus là. Monsieur Ibni, quand il a été tabassé, je crois qu’entre le 4 et le 6 février, il est mort. Ou il est mort, ou il a sombré dans le coma, ou on l’a enlevé et on l’a emmené à l’hôpital. Mais pour moi, il est mort ; parce que compte tenu de la panique qui s’est emparée des gardiens dans la cour, il ne s’agissait pas d’un simple coma ou quelqu’un qui est extrait pour être emmené à l’hôpital. Moi, j’ai vu à travers les persiennes quelqu’un qu’on a « trimballé », comme s’il était mort.

RFI : Et quand vous avez vu ce corps devant vous, c’était quel jour ?

Ngarlejy Yorongar : Je ne me rappelle pas exactement de la date. Cela doit être entre le 4 et le 6 (février). C’est confirmé par la présence de celui qui nous a arrêtés, que l’on appelle directeur général. Il est venu, il a passé un certain temps avec l’homme, avant de venir chez moi. Il m’a remis des médicaments et il est parti.

RFI : Est-ce que vous avez entendu la voix d’Ibni avant sa disparition ?

Ngarlejy Yorongar : Non, tout était calme chez monsieur Ibni. Je crois qu’il était trop mal en point pour parler. Mais vu l’état dans lequel on l’a mis, je crois que dès les premiers jours, il était mal en point.

RFI : En fait, la seule fois où vous l’avez vu…

Ngarlejy Yorongar : C’est le soir de notre arrivée, quand on l’a tabassé, cogné de coups de pied, de coups de poing, de coups de crosse, cela je l’ai vu ; mais les autres jours, je ne l’ai pas vu. Je ne l’ai même pas vu sortir comme Lol, quand on sort le matin pour aller faire ses besoins.

RFI : Et ce moment de panique où vous pensez que les geôliers ont découvert que peut-être Ibni n’était plus des nôtres ; ce moment de panique, vous ne savez pas si c’est le lendemain matin, le lundi 4, ou le mardi 5, ou le mercredi 6 (février) ?

Ngarlejy Yorongar : Non, pour moi, c’est entre le 4 et le 6 ; parce que le 6, quand le directeur général est venu, c’est lui (pour mémoire) qui m’avait cogné sur la tête et qui a tiré sur mon chauffeur. Le 6, il était devenu très gentil. Donc, je crois qu’il y a quelque chose qui s’est passé quand les gens paniquaient dans la cour. Il y en a qui téléphonait - je ne sais pas si c’est le chef – paniquant en disant : « Passez par Bap, passez par Bap, c’est urgent, il faut venir ». Et il y a plusieurs voitures qui sont entrées dans la cour. Donc, c’est ce jour-là que monsieur Ibni n’a plus jamais ouvert sa porte...

RFI : On arrive au jeudi 21 février, c’est le jour où vous sortez de votre cellule.

Ngarlejy Yorongar : Entre 2 heures et 3 heures du matin, deux personnes, deux geôliers entrent dans ma cellule, torches en main. Ils m’ont bandé les yeux avec un morceau de tissu rouge et on me fait lever, on me dit d’avancer, la chaîne au pied.

La chaîne m’empêchant d’avancer, je dis : « je vais prendre le bout de la chaîne, sinon je risque de ne pas marcher ». Donc on m’a permis de prendre le bout de la chaîne, c’est comme cela que l’on m’a conduit à la voiture où on m'a jeté. On a tourné, tourné, tourné et arrivés quelque part, on m’a fait descendre. On m’a enlevé le bandeau, on m’a enlevé la chaîne, on m’a fait coucher entre deux tombes et je leur ai dit que je voulais prier. Je voulais faire ma dernière prière, parce que je savais de quoi il s’agissait.

On m’a giflé d’abord, et puis on m’a dit : « Vas-y ». Je me suis mis à genoux, j’ai prié Dieu, j’ai demandé à Dieu de leur pardonner ce qu’ils étaient en train de faire, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Quand j’ai dit cela, on m’a giflé encore. J’ai continué ma prière et j’ai terminé.

Après, ils ont réfléchi et ont dit : « Nous sommes venus pour te tuer et tu demandes à Dieu d’être clément, de nous pardonner ». Cela veut dire quoi en arabe ? Dans ma cellule, ils parlaient parfaitement français, mais au cimetière, ils ne parlaient que l'arabe. Ils se sont retirés juste à 1 mètre ou 1 mètre 50, ils se sont chuchotés quelque chose à l’oreille et ils ont tiré une balle dans ma direction. La balle a soulevé la terre de la tombe sur laquelle j'étais puis, ils sont entrés dans la voiture, sans chercher à savoir si j’étais à terre ou pas. Ils ont démarré la voiture.

Quand je les ais vus démarrer la voiture, que j'ai vu qu’ils ne s’arrêtaient pas ou qu’ils ne revenaient pas, je me suis levé. Comme cela faisait 19 jours que je portais des chaînes aux pieds, je n'ai pas pu marcher immédiatement, je titubais, je tombais. Arrivé quelque part, j’ai vu une hutte dans le reboisement à gauche. Quand vous allez au cimetière de Ngonmba, il y a une hutte faite par deux gardiens. D’ailleurs, les gardiens en question croyaient que j’étais un revenant, parce qu’ils sont au cimetière. Les Africains croient encore aux revenants

Je me suis présenté, et il s’est trouvé que c’était des parents. Ils se sont mis à pleurer. J’ai dit : « Non, arrêtez vos conneries de pleurer, donnez-moi des sandales ». Ils m’ont conduit au rond-point. J’ai reconnu la maison d’un ami qui s’appelle Bourmasou ; c’est un militant aussi. Je me suis dit : « Je vais aller chez lui ». Dès qu'il me voit, il s’est mis à pleurer. Je lui ai dit : « Fais-moi du thé ». Il était 4 heures 30 du matin. Et un de ces deux gars-là, sans me demander, est allé appeler ma cousine, dont nos pères sont des frères. Il l’amène, elle se met à pleurer. Je me dis : il y a beaucoup de gens qui commencent à savoir que je suis là, il faudrait que je « me dégage ». Je leur ais donc dit : « Je vous aime bien, moi je m’en vais ».

J’ai marché jusqu’à Ngueli. Je suis allé voir quelqu’un que je connais. Je suis resté dans la nuit du 21 au 22 février à Ngueli et vers 5 heures, 6 heures du matin, il m’a donné 150 000 francs. Il m’a dit : « débrouille-toi avec, si Dieu te protège, tu me « les redonnes », si Dieu ne te protège pas et que tu péris, j’irai au ciel ». Il est allé prendre sa pirogue et il m’a fait traverser. C’est comme cela que je suis arrivé à Kousséri. Ensuite, j’ai loué un véhicule qui m’a emmené à Maroua, au Cameroun.

RFI : Alors pourquoi avez-vous attendu 9 jours entre le 21 février et le 1er mars pour donner signe de vie ?

Ngarlejy Yorongar : La raison principale est que j’ai téléphoné à Afrique Education. Ils m’ont dit : « Il faut absolument qu’on réalise une interview » et c’est à Maroua que j’ai répondu à leurs questions. Je me suis dit, tant que je n’apporte pas mon témoignage à ce journal, c’est dangereux de me présenter à une autorité. Soit, on m’empêche d’envoyer mon interview, soit Idriss Déby, avec tous ces renseignements, dit :  « Ramenez-moi Yorongar, mort ou vif », c’est cela l’ordre qu’il a donné. Je voulais donc, donner le témoignage avant de me présenter. Voilà les raisons.

RFI : On se souvient que le lendemain de votre libération, le vendredi 22 février, les autorités tchadiennes ont affirmé que vous étiez vivant, que vous étiez rentré chez vous. En fait, est-ce que vous n’êtes pas resté caché également pour jouer un mauvais tour à Idriss Déby ?

Ngarlejy Yorongar : Non, pas du tout. J’ai voulu donner le témoignage ; quitte à ce que l’on m’abatte dans la rue ou bien dans ma cachette, mon témoignage ferait l’affaire. Ce n’est pas pour jouer un sale tour à Idriss Déby. Je n’ai téléphoné à personne d'autre qu’au directeur d’Afrique Education, à personne d’autre. Et on apprend …. ?  que le jour où le journal paraîtra, ce jour-là je me présenterai aux autorités camerounaises, et c’est ce que j’ai fait.

RFI : Mais vous savez que pendant les 9 jours où vous êtes resté caché, on a parlé de plus en plus de vous, et du coup, cela a compliqué la visite de Nicolas Sarkozy à Ndjamena. Est-ce que vous n’aviez pas cela également dans vos intentions ?

Ngarlejy Yorongar : Moi, je ne m’occupe pas de tout cela. 

RFI : Oui, mais vous êtes aussi un homme politique, Ngarlejy Yorongar. Donc peut-être, avez-vous joué la stratégie de la tension aussi, non ?

Ngarlejy Yorongar : Non, non, non, je n’ai pas cela en tête. Moi, ma préoccupation, c’est de donner mon témoignage, un point, un trait.

RFI : Aujourd’hui, vous êtes en France, est-ce que vous allez rentrer à Ndjamena ?

Ngarlejy Yorongar : Vous croyez que je vais laisser ce pays-là à Idriss Déby ? Non, mais quand même, le pays m’appartient... moi aussi, « je vais le marquer pour toujours à la culotte », qu’il sache qu’il a toujours voulu me pousser à l’exil, mais il se trompe.

Un entretien réalisé par Christophe Boisbouvier

L'Opposant Yorongar est à Yaoundé

Source : RFI du 03/03/2008

L'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar est arrivé dimanche soir au Cameroun. Il souhaiterait se rendre dans un pays européen pour y recevoir des soins médicaux. La France se réjouit de cette nouvelle mais elle se dit toujours inquiète sur le sort des autres opposants en particulier Ibni Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition tchadienne, dont on est toujours sans nouvelles.

L'opposant tchadien était installé depuis plusieurs jours à Maroua au domicile d'un de ses proches. Hier soir, il a rejoint en fin de soirée, par avion la capitale camerounaise Yaoundé.

Selon nos sources Ngarlejy Yorongar souhaite rejoindre un pays européen pour y subir des soins. Le député tchadien pense qu'il a pu être empoisonné par les aliments qu'il a dû ingurgiter lors de sa captivité.

Alors le députe viendra-t-il en France ? En 2001, il fut accueilli et hospitalisé à Paris pour soigner ses jambes restées paralysées à la suite, affirme Yorongar, de tortures subies lors de ses multiples arrestations à Ndjamena.

Dimanche soir, le ministre français des Affaires étrangères s'est réjoui de la confirmation que M.Yorongar était vivant. Bernard Kouchner a en revanche à nouveau déclaré qu'il reste préoccupé de la situation d'Ibni Oumar Mahamat Saleh dont on a, à ce jour, aucune nouvelle.

Depuis l'arrestation de ce troisième opposant le 3 février dernier aucune information n'a jamais été fournie sur son sort. Mercredi dernier, lors de la visite de Nicolas Sarkozy à Ndjamena, le président tchadien a évoqué la mort ou la disparition de 400 personnes parmi lesquels, a précisé Idriss Déby, figurent des chefs de partis.

Certains observateurs et bon nombre de Tchadiens ont vu dans ses propos une intention, celle de préparer l'opinion au pire.


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Le mal qui ronge une majorité silencieuse en Afrique.


L'ombre de Luther King sur la campagne américaine
Source: Texte de Philippe Gelie, le Figaro, Paris,03/04/2008 
.Les sympathisants de Barack Obama se sont réapproprié le flambeau du Dr. King, le martyr américain de la cause des Noirs.
Les sympathisants de Barack Obama se sont réapproprié le flambeau du Dr.
King, le martyr américain de la cause des Noirs.
Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Quarante ans après la mort du grand leader des droits civiques, la question raciale est plus que jamais au cœur de l'élection à venir.

Le 4 avril 1968, Martin Luther King Junior était tué, à six heures du soir, à Memphis (Tennessee) d'une balle qui lui traversa la mâchoire et le cou. Les jours suivants, il y eut des émeutes dans 125 villes, et 300 000 personnes assistèrent à ses funérailles. Le tueur, James Earl Ray, qui s'était accusé puis rétracté, mourut en prison en 1998 sans que cessent les théories du complot.

Quarante ans plus tard, un jeune politicien noir, Barack Obama, a une chance sérieuse d'être élu président des États-Unis. «Le Dr King aurait-il pu imaginer une telle révolution ? Compte tenu des circonstances politiques, je pense que cet anniversaire est encore plus important», estime Lynette Clemetson, rédactrice en chef du magazine de la communauté afro-américaine The Root.

La figure du militant pacifiste est gravée dans le bronze : le Lorraine Motel, où il fut abattu à l'âge de 39 ans, est devenu le Musée national des droits civiques ; depuis 1986, les Américains observent une journée annuelle de commémoration ; plus de 700 villes possèdent au moins une rue à son nom. Mais l'héritage de Martin Luther King nourrit toujours l'actualité, surtout dans cette campagne électorale.

Hillary Clinton a perdu l'avantage auprès de l'électorat noir quand elle a paru minimiser le rôle du prêcheur d'Atlanta, en rappelant qu'il avait «fallu un président, Lyndon Johnson, pour réaliser son rêve». Barack Obama a lui aussi été emporté dans un tourbillon polémique par des déclarations de son pasteur, Jeremiah Wright, sur l'inégalité persistante entre les races.

Canonisé en héros américain

Selon une étude sur «le rêve américain inachevé», le revenu moyen dans la communauté noire, qui représentait 54 % de celui des Blancs en 1967, plafonne toujours à 57 %. À ce rythme, il faudrait cinq siècles pour atteindre la parité. «La question raciale est de celles que la nation ne peut se permettre d'ignorer aujourd'hui», a déclaré le sénateur de l'Illinois dans un discours jugé «historique» le mois dernier à Philadelphie. «Nous avons fait des progrès : nous sommes libres mais pas égaux», résume ainsi Jesse Jackson, compagnon de route du Dr King.

À l'occasion de cet anniversaire, l'Amérique redécouvre la rhétorique enflammée et souvent polémique du Prix Nobel de la paix 1964. La veille de son assassinat, l'auteur du célèbre «J'ai fait un rêve» dénonçait la guerre du Vietnam en des termes qui font étrangement écho aux prêches du révérend Wright. «Sa canonisation en héros américain a sapé son pouvoir, estime le Pr Harvard Sitkoff, l'un de ses biographes. King est le gentil qui nous a aidés à régler nos problèmes passés au lieu d'être celui qui nous défie de résoudre les injustices présentes.»


¡Viva la Revolución
Les affabulations  d’Ahmat Yacoub, espion du dictateur  Déby,
souhaitant  la défaite des  Forces de l’Alliance national

Source: Site tchadespoir.net

Le ridicule ne tue pas chez Ahmat Yacoub,alias Tahir Bechibo.L’empressement avec lequel il a donné le bilan des combats d’Ade,avant même celui du gouvernement,dénote le degré de zèle avec lequel il s’est mis au service de Deby. Avec son penchant tribalo régionaliste notoire,il  fait circuler une liste des noms supposés morts, dont certains n’avaient même pris part au combat,tandis que du coté gouvernemental il fait participer aux combats certains officiers qui sont présentement à Ndjamena et n’ont pas du tout pris part aux combats ;que ce sont les arabes et goranes qui ont combattu et que les«zourga »,terme très prisé d’Ahmat yacoub, n’ont pas combattu et conclusion logique du même Ahamat,c’est pourquoi il y a eu défaite.   

Tout cela, c’est de la désinformation au service de Deby,à l’odeur des enveloppes kaki.En réalité,l’AN n’a pas perdu les combats d’Ade et n’a pas reconnu non plus sa défaite contrairement aux affirmations gratuites d’Alwihda et de son propriétaire. Dès les premières minutes la soldatesque de Deby a fui et est partie se refugier sur les grottes avoisinantes où elle avait préalablement aménagé pour une guerre de position avec des armes lourdes.Sur plus de 300 véhicules,l’AN n’a pas perdu plus de 10 véhicules,tandis que,après vérification,il s’est avéré que le nombre des morts est moindre que celui annoncé par le communiqué officiel de l’AN;certes avec le pilonnage à l’arme lourde,il y a eu des nombreux blessés au sein des forces de l’AN,plus d’une cinquantaine.

Sans pour autant être un stratège militaire, on peut dire que l’attaque d’Ade a été un mauvais choix stratégique.D’abord les forces de Deby étaient parfaitement au courant d’une attaque imminente.Informée par leurs mouchards et surtout par les forces de l’Eufor dont Ade est le QG,l’ANT s’est bien préparée pour recevoir les saillants,en mettant un dispositif de défense solide dans les grottes.Pire,les éléments de l’AN n’ont pris aucune mesure pour dissimuler leur présence.Attaquer une place fortifiée de l’ennemi est une erreur,surtout si on le fait en s’annonçant. Toujours est-il que la soldatesque a pris fuite et s’est mise à pilonner derrière les grottes.  

En refusant de faire un assaut suicidaire,alors l’ANT était prête à décamper selon les dires de certains militaires,l’AN a fait un repli tactique salutaire,ce qui a fait que les pertes humaines et matérielles sont relativement très peu. C’est ce qui embête énormément Ahmat Yacoub.Mais l’AN n’a pas dit son dernier mot,au grand malheur d’Ahmat Yacoub et de ses commanditaires. 

Walfatné Abou khibecha

walfatne@gmail.com 


¡Viva la Revolución


Le Monstre ou Sangsue, l’œil malfaisant du dictateur Déby,
Ahmat Yacoub au sein de l’opposition par Gong Alphonse Tokinon.

 Source: www.tchadespoir.net

Dans nos précédents épisodes nous avions pris l’initiative de vous présenter Mr Ahmat Yacoub. Nous avons aussi dit que nous n’avons rien contre l’homme, le père de famille, le frère de certains. Par contre,nous nous érigeons contre le monstre qui feint son innocence sous tous les toits et qui construit son entreprise dans la déchéance.

 
Ahmat Yacoub a la folie des grandeurs.Il construit son fond de commerce en s’attaquant à des ainés. Des personnes plus verticales que ses saisonniers appâts. De Goukouni Weddeye il disait des insanités dépassant le réel,d’Hissein Habré il en fait un fond de commerce comme beaucoup ceux de la place publique le font dès qu’ils ont soif ou faim,et des autres leaders il cultive une attitude féodale encrée dans un râlent tribaliste sans pareil.C’est un anti arabe viscéral, un anti gorane haineux, un dédain sans vergogne pour les frères du sud à travers Dassert et les autres. Il pérore à longueur des journées sur les personnes d’Ousmane Hissein, Ley-Ngardigal, Bourma Daoud et que sais je encore…
 
Il est plus que nécessaire de tirer une semonce et prévenir l’opposition politico militaire et ceux qui étaient sceptiques à une époque,de la dangerosité d’un processus mis en place entre les officines d'Idriss Deby et leur agent de relais au nom de code Wara, matricule 11472, Ahmat Yacoub.
 
En effet depuis la rencontre entre Mr Idriss Deby et Ahmat Yacoub à Paris, les relations sont demeurées par des intermédiaires de poids entre les deux hommes. Tantôt c’est le beau frère direct de Déby, Directeur de la BCC monsieur Daoud qui fait les offices, parfois par l’intermédiaire du cabinet Hinda. Depuis que les jeux de cet agent ont été mis à nu, un bémol fut mis au point dans les activités d’Ahmat Yacoub. Son remplaçant est un certain Brahim Nassour matricule 11495 largué au sein du RFC.L’objectif de la mission est toujours le même.Parrainer des négociations politiques ou des tables rondes qui consistent à faire rapprocher et rallier un maximum d’opposants.
 
15 Juillet 2007, Ahmat Yacoub embarque dans le groupe partant pour Libreville. Au départ de Paris son contact le plus actif dans les processus est un certain Adoum Togoï. Il fut de ceux qui octroient les laisser passer. Son rôle sur place est de plus concret.Il est l’oreille et les yeux du régime Deby.Pendant les premières séances des travaux,il dégage en proposant les grandes axes jusqu’à étonner certaines personnalités.
 
Mais en coulisses tous les plans et les stratégies sont faxés dans les bureaux de Monsieur Mahamat Hissein le directeur de cabinet d’Idriss Déby.Ainsi tout ce qui caractérise les objectifs de l’équipe Goukouni weddeye et Antoine Bangui sont mis à nu, et permettre à l’équipe d’en face de se préparer en conséquence.
 

Quand le président du Gabon Omar Bongo pria l’équipe de Libreville d’aller à N’Djamena le 30 juillet 2007, le clan gouvernemental était fin prêt sachant tout de ce que le groupe de Libreville allait proposer. L’avion Gabonais avec à bord son excellence Mr Jean Ping (ex-ministre des affaires étrangères du Gabon) atterrissait vers 12h20mn à l’aéroport Hassan Djamous. Plusieurs personnalités tchadiennes sont là pour les accueillir dont le tout nouveau contact et relais de notre AhmatDans nos précédents épisodes nous avions pris l’initiative de vous présenter Mr Ahmat Yacoub. Nous avons aussi dit que nous n’avons rien contre l’homme, le père de famille, le frère de certains. Par contre,nous nous érigeons contre le monstre qui feint son innocence sous tous les toits et qui construit son entreprise dans la déchéance.

 
Ahmat Yacoub a la folie des grandeurs.Il construit son fond de commerce en s’attaquant à des ainés. Des personnes plus verticales que ses saisonniers appâts. De Goukouni Weddeye il disait des insanités dépassant le réel,d’Hissein Habré il en fait un fond de commerce comme beaucoup ceux de la place publique le font dès qu’ils ont soif ou faim,et des autres leaders il cultive une attitude féodale encrée dans un râlent tribaliste sans pareil.C’est un anti arabe viscéral, un anti gorane haineux, un dédain sans vergogne pour les frères du sud à travers Dassert et les autres. Il pérore à longueur des journées sur les personnes d’Ousmane Hissein, Ley-Ngardigal, Bourma Daoud et que sais je encore…
 
Il est plus que nécessaire de tirer une semonce et prévenir l’opposition politico militaire et ceux qui étaient sceptiques à une époque,de la dangerosité d’un processus mis en place entre les officines d'Idriss Deby et leur agent de relais au nom de code Wara, matricule 11472, Ahmat Yacoub.
 
En effet depuis la rencontre entre Mr Idriss Deby et Ahmat Yacoub à Paris, les relations sont demeurées par des intermédiaires de poids entre les deux hommes. Tantôt c’est le beau frère direct de Déby, Directeur de la BCC monsieur Daoud qui fait les offices, parfois par l’intermédiaire du cabinet Hinda. Depuis que les jeux de cet agent ont été mis à nu, un bémol fut mis au point dans les activités d’Ahmat Yacoub. Son remplaçant est un certain Brahim Nassour matricule 11495 largué au sein du RFC.L’objectif de la mission est toujours le même.Parrainer des négociations politiques ou des tables rondes qui consistent à faire rapprocher et rallier un maximum d’opposants.
 
15 Juillet 2007, Ahmat Yacoub embarque dans le groupe partant pour Libreville. Au départ de Paris son contact le plus actif dans les processus est un certain Adoum Togoï. Il fut de ceux qui octroient les laisser passer. Son rôle sur place est de plus concret.Il est l’oreille et les yeux du régime Deby.Pendant les premières séances des travaux,il dégage en proposant les grandes axes jusqu’à étonner certaines personnalités.
 
Mais en coulisses tous les plans et les stratégies sont faxés dans les bureaux de Monsieur Mahamat Hissein le directeur de cabinet d’Idriss Déby.Ainsi tout ce qui caractérise les objectifs de l’équipe Goukouni weddeye et Antoine Bangui sont mis à nu, et permettre à l’équipe d’en face de se préparer en conséquence.
 

Quand le président du Gabon Omar Bongo pria l’équipe de Libreville d’aller à N’djamèna le 30 juillet 2007,le clan gouvernemental était fin prêt sachant tout de ce que le groupe de Libreville allait proposer. L’avion Gabonais avec à bord son excellence Mr Jean Ping (ex-ministre des affaires étrangères du Gabon) atterrissait vers 12h20mn à l’aéroport Hassan Djamous.Plusieurs personnalités tchadiennes sont là pour les accueillir dont le tout nouveau contact et relais de notre Ahmat Yacoub national. La délégation fut conduite directement à la présidence pour rencontrer Idriss Déby.Les entrevues et apartés finirent à 14h17. A 15h05mn Ahmat Yacoub feint une visite familiale au centre ville pendant que toute la délégation est consignée sur place.Mais la diversion avait pour but de toucher sa récompense… 30.000 euros et échanger avec son nouveau contact Monsieur Ahmat Bachir, ministre de la sécurité d’Idriss Déby.   

Au retour il ne resta plus beaucoup de temps, la délégation doit partir vers l’aéroport afin de rentrer sur Libreville.Tout le monde fit son adieu à la délégation du gouvernement tchadien.Mr Goukouni Weddeye chef de l’équipe de Libreville embarqua dans le bus.15mn durant tout le monde attend dans le bus pendant qu’Ahmat Yacoub et Idriss Déby s’enlacent et parlent en dernier.Mission accomplie ou d’autres missions à accomplir?      


A  suivre        
Prochaine épisode dans 72 heures…        
A très bientôt.        

Gong Alphonse Tokinon         
alphonsgong@yahoo.fr 


Les Bons baisers de Paris


Ngarlejy Yorongar tient une conférence de Presse à Paris
(Source: Alwihda 11/03/2008)

"Je retourne au Tchad pour marquer Deby à la culotte. Il sait que je l'ai battu aux urnes en 2001. Je rentrerai au pays pour le battre par les urnes. Plusieurs fois il a voulu m'éliminer physiquement mais n'y est pas parvenu par la grâce de Dieu."

N'garlejy Yorongar Porté disparu après l'attaque rebelle sur N'Djamena du 3 février 2008, l'opposant Ngarlejy Yorongar a réapparu au Cameroun il y a quelques jours avant d'arriver à Paris jeudi dernier. Il dit être en mauvaise santé et craindre que l'autre opposant enlevé, Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on reste sans nouvelles, ne soit mort.


Pour un baril de pétrole

François Fillon promet l’Asile à Yorongar et félicite Deby de la disparition Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Monsieur Fillon reconnaît que «la question qui est posée» à son pays, qui par ailleurs participe à la désolation du peuple tchadien en soutenant ouvertement la dictature de Deby,« est de savoir où sont passés les opposants qui ont disparu ».

Invité d’Europe1 à l’émission « les chroniques de l’info » animée par Jean-Pierre Elkabbach, François Fillon promet « l'asile politique » à l'opposant tchadien Ngarlejy Yorongar. Le gouvernement tchadien avait officiellement qualifié de prisonniers de guerre les trois opposants kidnappés par la garde présidentielle de Deby à l’issue de l’attaque des forces de la résistance nationale.

Monsieur Fillon reconnaît que «la question qui est posée» à son pays, qui par ailleurs participe à la désolation du peuple tchadien en soutenant ouvertement la dictature de Deby,« est de savoir où sont passés les opposants qui ont disparu ».

Sur cette question, le peuple tchadien attend la mise sur pied d’une véritable commission d’enquête sous tutelle de la communauté internationale pour élucider l’ensemble des crimes commis pendant les 18 années de règne d’Idriss Deby. La famille de Bichara Digui, du Colonel Bachar,du Colonel Abderamane Youssouf,de Adil Ousmane, de Adam Ahmat,de Abbas Koty, de Issa Gourane,de Maldoum Bada Abbas, de Youssouf Togoïmi, de Abdramane Dadi, de Ahmat Lamine, du Maître Behedi, de Bisso Mamadou et de bien d’anonymes attendent que justice soit rendue sur la disparition de leurs proches.

Pendant l'attaque des forces du MDD, le régime d’Idriss Deby avait aussi procédé avec les mêmes méthodes à l’arrestation de quelques notables originaires du Kanem. Lors de cette opération de chasse aux sorciers, le défunt Bisso Mamadou avait été assassiné à son domicile par la garde présidentielle de Deby. Visés par cette funeste opération,Messiers Lol Mahamat Choua et Seïtchi Abbas, tous deux originaires du Kanem, se sont échappés en se réfugiant à l’ambassade de France.

Eu égard aux crimes et disparitions politiques injustes, on est en droit de savoir où sont passés tous les opposants du régime de Deby et pourquoi les personnes susmentionnées ont été liquidées.S’il est admis pour Fillon que Monsieur Sarkozy est courageux, il doit cesser de soutenir Idriss Deby qui est absolument insoutenable et indéfendable. Aller au Tchad et demander à un dictateur la création d’une telle commission d’enquête internationale est une désinvolture et une insulte grossière aux Tchadiens.Cela ne s’appelle aucunement une rupture mais plutôt du mépris pur et simple à l’endroit d’un peuple endeuillé et qui n’a encore fini de vivre la désolation.

La France et l’Europe,deux acteurs majeurs dans les conflits tchadiens, feraient mieux d’écouter le peuple tchadien en le soutenant réellement dans une approche globale pour trouver les contions de la création d’un véritable Etat de droit qui garantirait le respect des libertés fondamentales : droits de l’Homme, libertés d’expression et de pensée, libertés syndicale et associative.La création de cet État de droit,c’est-à-dire un régime politique où le droit est respecté et où la puissance publique s’efforce de respecter ses fonctions régaliennes constitue la seule alternative.

Il est absolument illusoire de croire que l’accord du 13 août 2007 et la nomination annoncée d’une personnalité de la CPDC au poste de Premier ministre, au sens de la politique de spectacle,puissent permettre une gouvernance démocratique propice à la stabilité politique et sociale du pays.A ce sujet,il serait bon que les citoyens tchadiens s’interrogent sur l’utilité de certaines formations politiques de l’intérieure en terme de progrès du supposé processus démocratique sur la base des recommandations de la conférence nationale souveraine.Car nous assistons aujourd’hui à deux réalités:la marginalisation et la fustigation des formations politiques se réclamant de l’opposition et la cooptation de bien des formations politiques par le parti au pouvoir. Les fonctions des partis politiques dans un Etat où les libertés fondamentales sont quasiment ignorées méritent d’être clarifiées.Les citoyens que nous sommes doivent avoir le courage de dire qu’il n’existe nullement un espace démocratique dans ce pays.
Il mérite de rappeler que le respect des droits de l’Homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le népotisme, la participation de la société civile à toutes les questions sociétales, la promotion des genres, constituent manifestement une préoccupation majeure de l’opposition en lutte contre la tyrannie d’Idriss Deby.

Promouvoir des solutions durables pensées et proposées par des Tchadiens doit être le seul axe de travail du médiateur.L’Etat de droit réclamé par les Tchadiens ne se décrètent point et ne se résume guère par la participation d’une composante des formations politiques de l’intérieure à la gestion de la chose publique et n’est pas tributaire de la volonté d’une composante politique.Un Etat de droit où les libertés fondamentales sont garanties se manifeste dans les conditions d’existence quotidienne des citoyens qui doivent pouvoir exercer effectivement leurs droits,remplir leurs devoirs et exiger des comptes aux pouvoirs publics.

EUFOR / Prise sous commandement de l’EUFOR TCHAD-RCA du détachement stationné à Birao, RCA

N’Djamena- 09/03/2008: Le 8 mars 2008, en présence du général Ouandé, chef d’état-major des Armées Centrafricaines et du lieutenant-colonel Luciani, attaché de défense près l’ambassade de France à Bangui, une cérémonie a marqué la prise sous commandement de l’EUFOR TCHAD-RCA du détachement stationné à Birao, RCA. Ce détachement initialement fourni par la France est composé d’une unité d’infanterie, d’une unité du génie et d’un hôpital de campagne; il constituera le Détachement Multinational Birao (Multi-National Detachment-Birao: MND-B) et sera rapidement renforcé d’autres unités européennes. 

La résolution 1778, votée le 25 septembre 2007 par le Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies, autorise l’Union européenne à déployer, pour une durée d’un an à compter du moment auquel l’Union européenne (UE) déclarera sa capacité opérationnelle initiale en consultation avec le Secrétaire général, une opération dénommée « opération de l’Union européenne ».

 Dans le cadre du renforcement de l’action qu’elle mène de longue date en soutien des efforts visant à faire face à la crise du Darfour, l’Union européenne conduira une opération militaire  dans l’est du Tchad et le nord-est de la République Centrafricaine (RCA), inscrite dans une action multidimensionnelle de la communauté internationale dans l’ensemble de la région.

 La Force de l’Union européenne, dénommée EUFOR TCHAD/RCA, sera autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires, dans la limite de ses capacités et dans sa zone d’opérations dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, pour s’acquitter des tâches suivantes:

- Contribuer à la protection des civils en danger, en particulier les réfugiés et les personnes déplacées;

- Faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et la libre circulation du personnel humanitaire en contribuant à améliorer la sécurité dans la zone d’opérations;

- Contribuer à la protection du personnel, des locaux, des installations et du matériel des Nations Unies et à assurer la sécurité et la liberté de circulation de son personnel, du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

L'opposant tchadien , en exil à Paris, a appelé vendredi le président français Nicolas Sarkozy à "faire pression" sur N'Djamena pour le retour de "tous les opposants" au Tchad, et la tenue d'un "dialogue" intertchadien incluant même les mouvements armés.

"C'est la seule solution", a-t-il assuré dans un entretien téléphonique à l'AFP. "Il faut un accord politique qui regroupe tous les acteurs tchadiens autour d'une même table pour discuter de l'avenir du pays".

Ngarlejy Yorongar, porté disparu pendant près d'un mois avant de réapparaître le week-end dernier au Cameroun, est arrivé jeudi à Paris, où il a affirmé qu'Ibni Oumar Mahamat Saleh, autre figure de l'opposition tchadienne disparue dans des circonstances similaires, était probablement "mort".

Accusé "d'affabulations" par N'Djamena, M. Yorongar a répondu: "C'est le gouvernement tchadien qui se livre à une manipulation. Il veut rouler tout le monde dans la farine par des tissus de mensonges".

"C'est la garde présidentielle du président de la république qui m'a enlevé", le 3 février, dernier jour d'une offensive rebelle sur N'Djamena repoussée notamment grace à Paris, allié de M. Deby, a-t-il assuré.

"Ibni est mort", a-t-il répété à l'AFP, expliquant avoir été détenu dans une cellule adjacente à celle de l'opposant. "La panique qui s'est emparée de nos geoliers ne souffre d'aucune ambiguité", a-t-il encore dit, sans apporter plus de preuve sur la mort supposée de M. Mahamat Saleh.

"Idriss Deby voulait faire un nettoyage politique. S'il y a une élection transparente, il ne sera pas élu, ni aura de députés", a estimé le chef de la Fédération action pour la République (FAR), plusieurs fois candidat à la présidentielle tchadienne.

"En ce moment, l'opposition tchadienne est liquidée. Les opposants crédibles sont tous hors du Tchad. C'est ce qu'Idriss Deby cherche et c'est pour ça que j'en appelle à (...) M. Sarkozy pour faire la pression nécessaire pour que tous rentrent, pour un dialogue inclusif avec les mouvements armés, les partis politiques, la société civile et la diaspora", a-t-il déclaré.

M. Yorongar, à qui la France s'est dite prête à accorder le statut de réfugié politique, a indiqué disposer d'un visa de trois mois. "Je resterai (en France) pendant les trois mois. Le reste, je verrai après", a-t-il dit.

Pour l'heure, l'opposant assure ne s'être entretenu avec aucun responsable français. "J'ai demandé à rencontrer le ministre (Bernard) Kouchner (chef de la diplomatie française), j'attends la réponse", a-t-il dit."Si les autorités françaises estiment qu'elles peuvent me rencontrer, je suis prêt à sauter dans une voiture, ou dans le métro, pour y aller", a-t-il ajouté. Interrogé sur les raisons qui l'ont amené à choisir la France, alliée de M. Deby, comme terre d'exil, M. Yorongar a répondu: "Je n'ai pas de réponse à vous donner", avant d'avancer qu'il y a fait des études et qu'il y est déjà venu pour s'y faire soigner.En arrivant à l'aéroport jeudi, M. Yorongar avait déclaré qu'il allait "très mal" et qu'il craignait avoir été "empoisonné". Interrogé sur ce point, l'opposant a indiqué qu'il verrait son médecin lundi.



Le Général Mahamat Nouri, Président des Forces de résistance de l’UFDD dans une interview dans« Marchés Tropicaux »,réclame un Forum national pour la paix . 

 Mahamat Nouri:« Nous trouverons la solution dans le cadre d’un forum national »Le général Nouri,président de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), co-dirige avec le neveu du président tchadien Timane Erdimi à la tête du RFC et le président de l’UFDD-Fondamentale Abdelwahid Aboud Makaye les forces rebelles coalisées.Cet homme de 61 ans fut ministre de la Défense du président Déby il y a cinq ans avant d'être nommé ambassadeur du Tchad en Arabie Saoudite, un poste dont il démissionna avec fracas pour regagner le maquis. Considéré par certains observateurs comme « le rebelle préféré du Soudan », Mahamat Nouri se présente ici comme un démocrate prêt à laisser le pouvoir à un Forum national en cas de victoire, après des dissensions avouées entre lui et Timane Erdimi lors de l’attaque de N’Djamena début  février. Selon certaines sources,l’UFDD du général Nouri compterait actuellement plus de 7000 hommes dans ses rangs, réunies dans la région de Goz Beïda où elles sont prêtes à refaire route vers N’Djamena. 

Marchés tropicaux :
Le ministre tchadien des Relations extérieures M. Allam-Mi affirme être en contact en vue de négociations avec des éléments rebelles présents à N'Djaména. Quelle est votre réponse, et de quelle faction s'agit-il ?      

Mahamat Nouri :
Pour ce qui nous concerne (l'UFDD) nous n'avons pris aucun contact avec le gouvernement tchadien. Nous avons toujours dit que le problème du Tchad est un problème politique, qui doit trouver une solution politique et nous sommes prêts à entrer en négociation dans le cadre d'un forum national. Mais concernant les fameux contacts évoqués par M. Allam-Mi, aucune composante de l'Alliance ne nous a dit être en contact avec les autorités tchadiennes. Nous réfutons ces propos.         

Marchés tropicaux:
Accepteriez-vous de répondre à une proposition de négociation d'Idriss Déby, et à quelles conditions ?  

Mahamat Nouri :
Nous ne trouverons la solution qu'autour d'une table ronde qui doit regrouper les politico-militaires, les partis politiques, les membres de la société civile et les associations de défense des droits de l'Homme. Mais actuellement nous posons une seule condition : la libération des chefs de partis politiques qui ont été arrêtés.  

Marchés tropicaux:
Si vous deviez prendre le pouvoir à N'Djaména, quel type de régime souhaiteriez-vous instaurer ?    

Mahamat Nouri :
En cas de départ d'Idriss (Déby, ndlr), nous proposons deux schémas. D'abord un forum national, comme je vous l'expliquais, qui devra bien sûr mettre en place une transition. Le forum national sera souverain. Moi je n'ai rien à imposer à ce forum. C'est autour de cette table ronde que nous devrons arrêter  les grandes orientations du pays. À ces assises, nous déciderons comment sortir le Tchad du drame actuel. Le Tchad ne sera plus jamais ce qu'il a été hier. Le monde a évolué, les Tchadiens ont évolué, je suis persuadé que le régime de demain au Tchad sera un régime démocratique qui répondra aux aspirations du peuple. 

Marchés tropicaux:
Accepteriez-vous que cette transition soit dirigée par un opposant politique, ou par une personne issue de la société civile ?        

Mahamat Nouri :
Moi j'accepterai toute proposition de cette rencontre nationale. Personnellement, je suis prêt à céder la première place à quiconque sera choisi par la majorité des Tchadiens qui s'y réuniront. Aucune famille, aucune tribu, aucun parti politique ne pourra plus diriger le Tchad par la force. C'est par la volonté populaire et selon des règles démocratiques que le Tchad sera gouverné.   

Marchés tropicaux:
On sait que la France, en soutenant Idriss Déby, préserve un certain nombre d'intérêts diplomatiques et militaires. Comment voyez-vous les relations entre le Tchad et la France en cas de renversement du président Déby ? 

Mahamat Nouri :
Les relations entre la France et le Tchad sont très anciennes. Nous avons avec la France une communauté d'histoire, de religion, de sang, de culture. Ces relations ne seront pas rompues d'un coup de baguette magique. Le gouvernement français paraît aujourd'hui ami d'Idriss Déby contre notre peuple. Mais je dis bien le gouvernement, pas le peuple français. La France sera toujours un partenaire privilégié du Tchad.Personne ne peut rien contre ça. Les relations seront revues, de la manière la plus contructive, afin que les Français sachent que le Tchad est un ami de la France.       

Marchés tropicaux :
Et vos relations avec le reste de l'Europe, incarnée aujourd'hui dans votre pays par la force européenne de maintien de la paix, Eufor ? 

Mahamat Nouri:
La lecture que je fais aujourd'hui de cette situation est que l'Europe fait beaucoup pour le développement du Tchad. En ce qui concerne l'Eufor, si la force européenne arrive au Tchad pour assurer la sécurité des personnes déplacées et des réfugiés soudanais au Tchad, cette force sera la bienvenue.  Mais composée en majorité de Français, si cette force vient au Tchad pour appuyer Idriss Déby, si elle se pose entre Idriss Déby et notre peuple, alors cette force devient un ennemi du peuple du Tchad. J'ai la conviction que les Européens ne soutiendront pas Déby, malgré les efforts des Français. D'ailleurs l'Eufor a été décidée sur initiative française. Les Nations unies ont donné le feu vert pour soutenir Idriss Déby sur une initiative française. Si, sous commandement français, l'Eufor s'attaque à nos positions, évidemment nous serons obligés de répondre.     

Marchés tropicaux:
Pouvez-vous me donner votre point de vue sur l'affaire de l'Arche de Zoé ?  

Mahamat Nouri :
Les membres de cette association ont peut-être commis des erreurs malgré leurs bonnes intentions, de sauver des enfants du Darfour. Et je crois à leurs bonnes intentions. Mais malheureusement notre justice a été embarquée dans une mascarade par Idriss Déby. Nous désapprouvons totalement le comportement de notre justice dans cette affaire. Du reste, on a parlé de pédophilie, de trafic d'organes humains et que sais-je encore. Dès le départ nous avons communiqué sur le fait qu'Idriss Deby utilisait cette affaire pour redorer son image de marque auprès du peuple tchadien.Que le gouvernement du Tchad ne nous dise pas qu'il ignorait ce qui se passait. Il était parfaitement au courant de ce que faisait cette association, du déplacement des enfants à Abéché. Le gouvernement tchadien avait autorisé ces actions. Je crois que notre justice n'a pas instruit ce dossier, et que c'est un dossier totalement à réinstruire.         

Marchés tropicaux:
Quelle serait votre réaction à une visite du président français Nicolas Sarkozy fin février à N'Djaména ?  

Mahamat Nouri :
Une visite du président Sarkozy dans la phase actuelle serait une insulte à notre peuple. Idriss Déby était il y a quelques jours acculé dans son blockhaus, protégé par des troupes françaises. Si le président français vient à N'Djaména lui dire «je suis avec vous,je vous soutiendrai», alors nous désapprouvons totalement  cette façon de faire. 

Interview réalisée par  « Marchés Tropicaux », Propos recueillis par Myrtille Delamarche


L’assassinat des hommes politiques tchadiens :La France complice

Source: www.tchadactuel.com

Ibni Oumar et Yorongar Le Député Yorongar Ngarlédji et M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, ainsi que d’autres personnes non encore identifiées ont été assassinés dès les premières heures de leur arrestation. Les trois corps rejetés par le Chari et retrouvés dans le creux d’en face du Ministère de la Défense tchadienne, seraient probablement les leurs. Ils ont certainement ensuite été enterrés dans les différentes fosses communes.

Selon des confidences concordantes qui circulent en ce moment dans le milieu des militaires proches de Deby, l’opération a été coordonnée par Deby en personne, il était donc en permanence en contact direct avec tous les groupes chargés d’arrêter les hommes politiques ; chaque fois que l’un de ces hommes est arrêté, il est immédiatement informé et c’est lui-même qui indique où il faut l’emmener et de ce qu’il faut en faire. Les méthodes actuellement utilisées par le gouvernement, sur instruction de Deby, sont tout simplement celles de l’ancienne DDS. On fait circuler des rumeurs, que tel a été vu là, que tel autre se trouverait à tel endroit…. Le temps de créer la confusion dans l’esprit de des proches parents, de leurs militants et des tchadiens. C’est aussi le temps donné aux différentes missions ministérielles pour essayer de convaincre leurs interlocuteurs. Alors il serait temps de tirer des conclusions, car Yoro et Ibni ne sont pas ce genre d’individus qui peuvent passer inaperçus dans cette petite ville de N’Djamena. Et puis, vivants, ils se seraient présentés à leur famille et auraient fait des déclarations aux médias. Dans cette triste épopée de Deby, Lol n’a échappé que par coup de chance. Comme les tchadiens ont l’habitude de dire : Ses jours sont devant lui !

Ainsi, Deby a assassiné Yoro et Ibni ; deux des plus illustres hommes politiques tchadiens, deux grands cadres du pays, deux intellectuels. Dans leur parcours politique, les deux ont eu à collaborer avec Deby, ils ont découvert l’homme, ses méthodes et ont définitivement coupé avec lui et choisi la voie des urnes pour chasser l’homme. Yoro et Ibni, ont des personnalités très différentes, il en est de même pour leur parcours politique, mais ils sont probablement parmi les rares tchadiens à refuser tout compromis et compromission avec Deby, à refuser les dictats de la françafrique ; les deux croient fermement à l’alternance politique par la voix des urnes. Bien que les deux aient des nombreux amis et parents dans les différents groupes armés opposés à Deby, ils ont refusé de faire l’apologie de la lutte armée, tout en respectant le choix des autres.

Deby qui a des multiples complexes d’infériorité vis-à-vis des cadres et les intellectuels du pays, a toujours eu une rancœur tenace vis-à-vis de ceux qui lui tiennent tête. Incapable de soutenir un débat contradictoire, toujours en manque d’arguments et d’argumentation, seul la violence et l’achat des consciences sont ses moyens de prédilection. Toute opposition politique, verbale et même comportementale à lui est considérée comme un affront personnel et se lave dans le sang et ne regrette jamais ses forfaits. Aujourd’hui, il n’a aucun regret de la disparition de Yoro, Ibni et des autres, selon ses proches il est tout simplement agacé qu’on en parle trop ! Il en est ainsi durant tout son règne à la tête du pays.

Hommes du sud et du nord, chrétien et musulman, Yoro et Ibni symbolisent les deux faces du Tchad ; en les assassinant, Deby a définitivement assassiné la démocratie au Tchad.

Les tchadiens attendent sans grand espoir la réaction de la communauté internationale, particulièrement de l’UE et des USA. Ceux là même qui ont condamné la prise du pouvoir par les armes, qui ont soutenu Deby et qui s’apprêtent à le soutenir d’avantage avec le déploiement de l’Eufor. Comment l’UE va regarder les tchadiens, en parlant de la démocratie et de l’alternance sous Deby ? Quant à la France, il n’y a plus de mots pour la qualifier, il faut tout simplement se soulever contre elle.

Mahamat Ahamat
N’djaména

Source: www.tchadactuel.com


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Dimanche 09 Mars 2008Poster un commentaire
Opposants disparus : rapport accablant pour N’Djamena
Diane Lebel
SOURCE: QUOTIDIEN LIBÉRATION : mardi 26 février 2008
 Alors que la France multiplie, toujours sans succès, les demandes «d’informations» et «d’éclaircissements» sur le sort des opposants tchadiens disparus, un rapport d’Human Rights Watch (HRW) accable clairement les autorités de N’Djamena. Ibni Oumar Mahamat Saleh, le porte-parole de la principale coalition de l’opposition, et Ngarlejy Yorongar, un député fédéraliste, sont portés disparus depuis le 3 février, au moment de l’offensive rebelle sur la capitale. Leurs familles sont sans nouvelles d’eux, et plus étonnant, le gouvernement assure ne pas en savoir plus et propose même d’ouvrir une enquête.

Peu de doutes. Les témoignages recueillis par la très respectée ONG américaine à N’Djamena laissent peu de doutes sur l’implication du gouvernement d’Idriss Déby. Des voisins témoignent de l’arrestation musclée de Yorongar, chez lui, par une dizaine de soldats qui l’ont poussé dans une Toyota beige, la voiture standard de l’armée tchadienne, sans plaque d’immatriculation. La description précise des uniformes des militaires, avec leurs épaulettes jaunes, ne laisse pas de doutes sur leur appartenance aux forces régulières. Deux heures plus tard, Ibni Oumar Mahamat Saleh subissait le même sort. Il y a une dizaine de jours, le ministre de l’Intérieur tchadien, Ahmat Mahamat Bachir, affirmait que les deux opposants avaient été enlevés lorsque les quartiers de la capitale étaient aux mains des rebelles. Mais l’enquête a démenti ces affirmations, indiquant que «dans chacun des cas , les forces de sécurité du gouvernement avaient repris un contrôle total des quartiers en question avant l’heure indiquée de leur détention». Le gouvernement a fait croire à une «réapparition» de Yorongar près de son domicile. C’était une fausse nouvelle et la famille dénonce «une torture morale».

HRW s’est penché sur le cas d’un troisième opposant, Lol Mahamat Choua, figure de proue de l’opposition, mystérieusement retrouvé dans une prison militaire une semaine après sa disparition. Celui que les autorités ont décrit comme un «prisonnier de guerre», «capturé sur le champ de bataille» en plein QG des rebelles, a lui aussi été embarqué à son domicile dans cette même journée du 3 février. Là encore, deux témoignages concordants accablent le pouvoir. Les soldats qui ont procédé à l’arrestation de Choua étaient armés de fusils noirs, l’arme réservée aux soldats de la Garde présidentielle. Choua est toujours détenu sans chef d’accusation dans une prison militaire de N’Djamena, privé de la visite de sa famille ou de son avocat. Cette vague d’arrestations aurait pu faire beaucoup plus de victimes, comme l’indique le rapport ; de nombreux opposants n’ont dû leur salut qu’à une plongée dans la clandestinité.

«Argent comptant». Pour Reed Brody, un des responsables de l’ONG, «il est impossible de savoir si les opposants arrêtés sont encore en vie». Ce ne sont certes pas les annonces contradictoires du gouvernement tchadien qui permettent d’en savoir plus. Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont tous exprimé leur «profonde inquiétude concernant l’arrestation de membres de l’opposition politique non armée du Tchad».«la tendance de Paris à donner du crédit aux affirmations des officiels tchadiens, qu’ils semblent prendre pour argent comptant». Pour certains enquêteurs de l’ONG, il semblerait «très étonnant» que les autorités françaises n’aient pas été au courant de ces arrestations depuis le début. La France insiste sur la nécessité d’avoir des informations sur leur sort. Mais Reed Brody déplore «la tendance de Paris à donner du crédit aux affirmations des officiels tchadiens, qu’ils semblent prendre pour argent comptant». Pour certains enquêteurs de l’ONG, il semblerait «très étonnant» que les autorités françaises n’aient pas été au courant de ces arrestations depuis le début.

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Mardi 26 Février 2008Poster un commentaire

Il y a eu hésitations, confusions et contradictions. Mais au bout du compte, la France est venue au secours du régime du président tchadien Idriss Déby Itno, pour la seconde fois en moins de deux ans. Le Tchad constitue une base stratégique essentielle au déploiement des forces françaises, en plein cœur de l’Afrique, à proximité du conflit soudanais, du golfe de Guinée gorgé de pétrole, et de l’uranium nigérien. C’est aussi le bastion français le plus proche de Fachoda, vieux complexe jamais vraiment évacué. Réagir à l’action des rebelles, c’était avant tout réaffirmer sa position sur l’échiquier de la sous-région.

Le ministère de la Défense continue à démentir l’intervention de l’armée. Mais les rebelles persistent, et condamnent l’absence de neutralité française, « sans équivoque partie prenante dans le conflit du Tchad ». Ils récusent ainsi la légitimité de l’Eufor pour participer au retour de la paix au Darfour. Cette force d’intervention européenne, que la France doit commander sur le terrain, a commencé à se déployer. Son arrivée était au cœur des enjeux de l’avancée des rebelles sur N’Djamena soutenus indirectement par Khartoum, et au centre des tergiversations françaises.

La France a également fini par réagir, après un long silence embarrassé, à propos des opposants emprisonnés au moment où les rebelles quittaient la capitale. Paris a demandé une « clarification sans délai », notamment « des informations précises sur les motifs pour lesquels ils ont été emprisonnés, sur les lieux où ils se trouvent, et sur les procédures judiciaires dont les autorités tchadiennes pensent qu’elles leurs sont applicables ».

Une intervention française n’aurait de sens que si elle obtenait du président Déby non pas seulement la grâce des aventuriers de l’Arche de Zoé, mais des garanties en termes de démocratisation du régime et de respect de droits humains, notamment dans la gestion des revenus pétroliers. La rupture voulue par le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, ne peut être perceptible que si Paris se range pour une fois du côté de la population tchadienne, seule vraie victime de ces combats à répétition.

Lucas Patriat
Source: Marchés Tropicaux

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Samedi 23 Février 2008Poster un commentaire

Michelot Yogogombaye

Présidendent Fondateur du Rassemblement Démocratique pour la Paix et la Liberté au Tchad RDPL

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Samedi 23 Février 2008Poster un commentaire

JUSTICE INTERNATIONALE Le président sénégalais hésite à extrader l'ex dictateur tchadien vers la Belgique. Il a demandé conseil à ses homologues africains, qui se réuniront lundi à Khartoum.

Un juge belge pour le Tchadien Hissène Habré?       

Interview de

Michelot Yogogombaye, Président du RDPL et                                                                         Reed Brody, ONG Human Rights Watch

PROPOS RECUEILLIS PAR SIMON PETITE,                                                                       Quotidien : Le Courrier, Genève, le Vendredi, 20 janvier 2007



Augusto Pinochet a découvert l'existence de la «compétence universelle» lorsque des policiers ont fait irruption dans sa clinique de Londres. Oui: chaque Etat pouvait engager des poursuites pour graves violations des droits humains, indépendamment du lieu des crimes et de la nationalité des auteurs. D'où le mandat d'arrêt espagnol. Finalement, Pinochet a pu rentrer au Chili et il n'aura pas été le premier ancien chef d'Etat à être extradé. Est-ce que se sera Hisseine Habré? La Belgique veut juger l'ex-dictateur tchadien, accusé de 40 000 assassinats politiques. Mais le Sénégal rechigne à l'extrader.

Dans son pays d'accueil, Habré dispose de puissants appuis et ses défenseurs jouent sur la corde de la souveraineté africaine. La Belgique, ancienne puissance coloniale, n'aurait pas de leçons à donner. Embarrassé, le président sénégalais a transmis le dossier à ses homologues africains, qui ont rendez-vous ce lundi à Khartoum.

Faut-il juger Hissène Habré en Belgique? Débat entre Reed Brody, qui traque les dictateurs pour le compte de l'ONG Human Rights Watch, et Michelot Yogogombaye. Aujourd'hui réfugié à Bienne, il a été secrétaire général adjoint du gouvernement Habré juste avant sa chute. Auparavant, il était passé par les geôles de la police politique tchadienne. Depuis son exil en Suisse, M. Yogogombaye anime le Rassemblement démocratique pour la paix et la liberté au Tchad (RDPL), un parti d'opposition.


Le Courrier: Selon vous, que va décider l'Union africaine (UA)?    

Reed Brody: A Khartoum, les chefs d'Etat africains devront choisir entre l'impunité et la justice. Si Hissène Habré doit répondre de ses crimes devant un tribunal, ce sera un précédent pour tout le continent. Cette perspective est loin d'enchanter tous les présidents africains, à commencer par l'organisateur du sommet, le président soudanais Omar El-Béchir. Son cas devrait être examiné par la Cour pénale internationale pour les exactions commises au Darfour. L'UA instaurera sans doute un groupe d'experts chargés d'examiner quelle juridiction est la mieux à même de juger l'ex-dictateur tchadien. Ceci dit, l'arbitrage de l'UA ne libérera pas le président Wade de ses obligations internationales. Le Sénégal héberge un présumé tortionnaire. Il est tenu de l'extrader, à moins qu'il se décide enfin à le juger.

Michelot Yogogombaye: Le RDPL et moi-même avons adressé une lettre au président de l'UA lui demandant de ne pas jeter la mémoire collective du peuple tchadien en pâture à la presse occidentale. Je pense que nous avons été entendus et que Hissène Habré ne sera pas extradé vers la Belgique. Il ne s'agirait nullement d'un déni de justice. Cela signifiera simplement que le temps est venu pour l'Afrique de régler elle-même ses problèmes. Selon ses propres valeurs comme la palabre et la juridiction par la parole. Pourquoi leur préférer un juridisme greffé de l'Occident colonial et colonisant?     

Le Courrier : Où devrait être jugé Hissène Habré?    
Michelot Yogogombaye: Au Tchad, là où ont été commis les crimes dont il est accusé. Mettre face à face les bourreaux et les victimes est légitime. La France a jugé Maurice Papon en France. Le procès de Nuremberg s'est tenu dans la ville où s'était forgée l'idéologie nazie. Combien de victimes ou de témoins pourront faire le déplacement à Bruxelles pour assister au procès si jamais il a lieu en Belgique? Un jugement au Tchad est tout à fait réalisable. A nous de relever le défi avec l'aide de l'Afrique et de la communauté internationale.

Reed Brody: L'extradition en Belgique est l'option la plus immédiate et la plus réaliste. Nous aurions tous souhaité que Habré puisse être jugé en Afrique. Mais le Sénégal a refusé de le faire et, en quinze ans, aucun autre pays du continent n'a réclamé son extradition. Un tribunal spécial africain? L'idée est très séduisante. Mais, selon nos estimations, la mise sur pied d'une telle instance coûterait au moins 100 millions de dollars et nécessiterait encore plusieurs années. Or, le temps presse. Déjà deux plaignants tchadiens, rescapés des geôles de Habré, sont décédés.
Les conditions sont-elles réunies pour la tenue d'un procès équitable au Tchad même?

Reed Brody: Le Tchad n'a pas demandé l'extradition, il s'est par contre déclaré favorable à un procès en Belgique. Si Habré devait revenir au Tchad, on ne peut exclure qu'il soit torturé ou assassiné. Son retour risquerait de déstabiliser le pays, alors que la situation est déjà très fragile.

Michelot Yogogombaye: Pourquoi pas? Il y a aujourd'hui au Tchad une autorité établie à ce qu'on nous dit. Le président a juré de garantir l'efficience et l'indépendance de la justice. Il faut le prendre au mot.

Le Courrier : Ne faudrait-il pas aussi jugerl'actuel président Idriss Déby?

Michelot Yogogombaye: C'est inévitable quand on sait qu'Idriss Déby fut le commandant en chef des forces armées pour la région Nord puis le conseiller de Hissène Habré en matière de sécurité et membre du bureau exécutif du parti unique de l'époque, avant de destituer son mentor en 1990. En réalité, Déby et ses acolytes ont commis des crimes pires que ceux de Habré. Si le président tchadien préfère aujourd'hui que son prédécesseur soit extradé en Belgique, c'est qu'un procès au Tchad se retournerait contre lui. Car, au Tchad, on torture et on tue comme à l'époque de Habré, mais on n'a même pas l'excuse d'être en guerre. N'attendons pas que Déby soit déposé pour s'insurger contre son régime!

Reed Brody: Sans nier la part de responsabilité d'Idriss Déby, c'est Habré qui a créé la police politique – la DDS – et qui l'a mise sous sa supervision directe. Les archives de la DDS découvertes à N'Djamena ont révélé que Habré dirigeait personnellement la répression contre le peuple tchadien. Human Rights Watch dénonce vigoureusement les cas de torture, les exécutions ou les violations des droits économiques perpétrés par le régime d'Idriss Déby. Mais aujourd'hui, au Tchad, il y a une presse plus ou moins libre et une société civile très active. On ne pouvait pas en dire autant du temps de Habré.

Le Courrier : On accuse la loi «de compétence universelle» belge, en vertu de laquelle Bruxelles réclamel'extradition de Habré, d'être très sélective car elle ne vise que des dirigeants du tiers monde.

Michelot Yogogombaye: Je ne comprend pas pourquoi la Belgique ne daigne pas appliquer cette loi contre messieurs Botha, Duvalier ou Pinochet. Pourquoi la justice belge a-t-elle refusé d'inculper Ariel Sharon? Sont-ils tous moins coupables que Hissène Habré? Ou cette loi de compétence universelle n'est rien d'autre qu'un «Code noir» bis (lois réglant la traite des esclaves dans les colonies françaises, nldr).

Reed Brody: Il y a beaucoup de désinformation autour de cette loi. Lorsqu'elle a été amendée, presque toutes les plaintes déposées en Belgique sont passées à la trappe, qu'elles concernent des dirigeants du Sud ou occidentaux. Beaucoup d'entre elles ont été classées parce qu'elles visaient des responsables politiques en exercice. Le Tchad, lui, a levé l'immunité de Hissène Habré. De plus, l'instruction était déjà bien avancée lorsque la loi a été amendée, et des plaignants avaient la nationalité belge. Le passé colonial de la Belgique est incontestable. Mais, aujourd'hui, ce pays offre la possibilité d'un procès équitable pour les victimes de Hissène Habré.

Source: Cet article provient de: Le Courrier  http://www.lecourrier.ch/

 

 

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Vendredi 22 Février 2008Poster un commentaire
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